Chaque 22 mai marque la Journée internationale de la biodiversité. Une occasion de rappeler que la protection de la faune et de la flore ne se joue pas uniquement dans les réserves naturelles ou les grands espaces sauvages. Elle commence aussi, très concrètement, dans nos jardins, sur nos balcons, dans nos villages et autour de nos maisons.

En Wallonie comme ailleurs, la biodiversité subit une pression de plus en plus importante : disparition des haies, artificialisation des sols, usage de pesticides, pollution lumineuse, jardins uniformisés ou encore raréfaction des insectes. Pourtant, de nombreux gestes simples permettent déjà d’aider la nature au quotidien.

Accepter un jardin un peu plus vivant

Depuis plusieurs années, les jardins “parfaits”, très courts et très propres, se sont multipliés. Mais pour la biodiversité, un jardin totalement maîtrisé devient souvent un espace pauvre en nourriture et en refuges.

Laisser une zone non tondue change énormément de choses. Très vite, les insectes réapparaissent : abeilles sauvages, papillons, criquets, coléoptères… et derrière eux reviennent aussi les oiseaux, les hérissons ou les chauves-souris qui s’en nourrissent.

Quelques orties dans un coin peuvent par exemple accueillir les chenilles de plusieurs espèces de papillons. Un tas de feuilles mortes servira d’abri à de nombreux petits animaux durant l’hiver.

Les haies : de véritables refuges pour la faune

Les haies diversifiées jouent un rôle énorme pour la biodiversité. Elles offrent nourriture, protection contre les prédateurs, lieux de nidification et corridors de déplacement pour de nombreuses espèces.

Planter des espèces locales comme l’aubépine, le sureau, le noisetier, le prunellier ou encore les framboisiers permet d’attirer insectes, oiseaux et petits mammifères.

Même les ronciers, souvent arrachés systématiquement, sont extrêmement utiles. Les Fauvette à tête noire, les merles ou les rouges-gorges y trouvent des abris très appréciés. Les mûres nourrissent également de nombreuses espèces à la fin de l’été.

Planter pour les pollinisateurs

Les insectes pollinisateurs connaissent un déclin préoccupant. Pourtant, quelques plantations bien choisies peuvent rapidement transformer un jardin en véritable zone refuge.

Lavandes, trèfles, sauges, bourraches, centaurées ou cosmos offrent nectar et pollen durant plusieurs périodes de l’année.

Les floraisons étalées sont particulièrement utiles car elles permettent aux insectes de trouver des ressources du printemps jusqu’à l’automne.

Réduire les dangers invisibles

Certaines menaces sont moins visibles mais ont un impact très important sur la faune sauvage.

Les vitres

Chaque année, des milliers d’oiseaux meurent après avoir percuté des fenêtres ou des baies vitrées. Les reflets du ciel ou de la végétation trompent les oiseaux qui ne perçoivent pas le danger.

Installer des silhouettes, stickers ou marquages spécifiques permet de rendre les vitres visibles et de réduire fortement les collisions.

La pollution lumineuse

Un éclairage extérieur excessif perturbe de nombreuses espèces nocturnes : insectes, chauves-souris mais aussi certains oiseaux migrateurs.

Éteindre les lumières inutiles durant la nuit reste un geste simple mais très utile.

Les pesticides et anti-limaces

Les pesticides, même certains produits vendus comme “écologiques” ou “bio”, peuvent avoir des conséquences importantes sur les sols, les insectes et la faune sauvage.

Limiter leur utilisation aide directement les équilibres naturels du jardin.

Créer des refuges simples

Il n’est pas nécessaire d’avoir un immense terrain pour aider la biodiversité.

Quelques exemples faciles à mettre en place :

  • une petite mare ou un point d’eau peu profond ;
  • une haie sèche faite avec des branches ;
  • un tas de bois ;
  • des nichoirs adaptés aux espèces locales ;
  • des zones laissées volontairement plus sauvages ;
  • des plantes grimpantes comme le lierre, très utiles pour les insectes et oiseaux.

Le lierre, souvent considéré à tort comme “sale” ou envahissant, constitue par exemple une source alimentaire précieuse en automne pour les pollinisateurs.

Protéger la biodiversité, un geste après l’autre

La biodiversité ne se résume pas à des espèces rares ou à des paysages lointains. Elle est partout autour de nous : dans le chant d’une fauvette au fond d’une haie, dans un hérisson qui traverse un jardin au crépuscule ou dans les insectes qui viennent butiner quelques fleurs laissées tranquilles.

Chaque petit aménagement peut devenir utile. Et mis bout à bout, ces gestes ont un réel impact pour la faune sauvage.

 
Share This